Dans quelle case déclarer les dividendes : 2DC, 3VG et plus-values

Dans quelle case déclarer les dividendes : la question revient chaque printemps, et la réponse courte est la case 2DC. La réponse complète est plus longue, parce qu’un même dividende peut déclencher trois cases différentes, et parce que les plus-values de cession voisinent avec lui sur la même déclaration complémentaire. Ce guide reprend les cases une par une, avec les libellés exacts de la 2042 C et les taux applicables aux revenus de 2026, vérifiés le 27 octobre 2026.

Information fiscale générale. Cet article explique le fonctionnement des cases déclaratives du régime de droit commun. Il ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé. En cas de doute sur votre situation, adressez-vous au service des impôts des particuliers dont vous dépendez ou à un expert-comptable.

Dans quelle case déclarer les dividendes : la 2DC en pratique

La case 2DC de la déclaration 2042 accueille les dividendes d’actions et les produits de parts sociales versés par des sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés, qu’elles aient leur siège en France, dans l’Union européenne ou dans un État conventionné.

Le montant à porter est le montant brut, avant déduction de l’acompte de 12,8 % et des prélèvements sociaux. Les seuls frais déductibles sont les frais d’encaissement. Un dividende de 1 000 € nets sur le compte correspond à un brut supérieur, et c’est ce brut qui compte.

La case est en principe pré-remplie par l’administration à partir des déclarations de l’établissement payeur. Il faut la vérifier, notamment lorsque plusieurs comptes-titres coexistent ou lorsqu’un dividende a été versé en décembre.

2CK et 2OP : les deux cases qui accompagnent la 2DC

La case 2CK recueille l’acompte non libératoire de 12,8 % déjà prélevé à la source sur les dividendes. Ce montant n’est pas un cadeau fiscal, c’est un crédit d’impôt. Il se déduit de l’impôt final et se restitue si l’acompte dépasse l’impôt dû. Oublier de le reporter revient à payer deux fois.

La case 2OP est l’option pour le barème progressif. Elle est globale : elle porte sur l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers et des gains de cession de valeurs mobilières de l’année. Elle ouvre droit à l’abattement de 40 % sur les dividendes, réservé au barème, et rend déductible une fraction de la CSG afférente aux plus-values.

Le choix se raisonne sur votre taux marginal. Si vous êtes non imposable ou dans la tranche à 11 %, le barème est souvent plus favorable. À partir de 30 %, le PFU de 31,4 % reprend l’avantage.

Case 3VG : là où vont les plus-values de cession

La case 3VG de la 2042 C reçoit les plus-values de cession de valeurs mobilières et de droits sociaux : actions, obligations, parts de sociétés, parts de fonds. Elle reçoit aussi les profits réalisés à titre occasionnel sur les instruments financiers à terme, en France comme à l’étranger.

Trois cases voisines complètent le dispositif. La 3VH accueille la moins-value de l’année, après compensation avec les plus-values. La 3SG reçoit l’abattement pour durée de détention de droit commun, réservé aux titres acquis avant 2018 et à l’option pour le barème. La 3UA reçoit les plus-values éligibles à l’abattement renforcé.

Les moins-values de cession de valeurs mobilières se reportent sur les plus-values de même nature des dix années suivantes. Ce report n’est pas automatique : il suppose de conserver la trace des montants et de les mentionner chaque année.

Un cas particulier mérite attention. Lorsque le teneur de compte ou le cocontractant est établi dans un État ou territoire non coopératif, les profits sur instruments financiers sont imposés au taux forfaitaire de 50 % et se déclarent en case 3PI, sauf preuve que l’opération n’a pas de but frauduleux.

La compensation annuelle obéit à un ordre précis. Les moins-values de l’année s’imputent d’abord sur les plus-values de l’année de même nature, puis les moins-values antérieures reportables, les plus anciennes en premier. Une moins-value sur actions ne compense pas une plus-value sur contrats à terme, même si les deux lignes figurent sur le même relevé.

3VT et 3AN : les cas particuliers qui trompent

La case 3VT concerne le gain réalisé lors d’un retrait ou d’un rachat sur un PEA ou un PEA-PME avant l’expiration de la cinquième année. Ce gain est imposé au PFU de 31,4 %, ou au barème sur option, et aucun abattement pour durée de détention ne s’applique. Beaucoup de contribuables le déclarent en 3VG par réflexe, ce qui fausse le calcul.

La case 3AN concerne les plus-values de cession d’actifs numériques, alimentée automatiquement par la déclaration annexe 2086. La case 3BN reçoit la moins-value correspondante, qui ne s’impute que sur des plus-values de même nature de la même année et ne se reporte pas. L’option pour le barème se coche en case 3CN, et elle est définitive.

Dividendes étrangers : 2047 et crédit d’impôt

Un dividende versé par une société étrangère se déclare en 2DC pour son montant brut, majoré du crédit d’impôt conventionnel lorsque la convention fiscale en prévoit un. Le détail pays par pays se porte sur le formulaire 2047.

Sans cette déclaration, le crédit d’impôt conventionnel est perdu et la retenue à la source étrangère devient une charge définitive. Le formulaire 3916 s’y ajoute lorsque le compte-titres est ouvert hors de France : 1 500 € d’amende par compte non déclaré, 10 000 € si l’État n’a pas conclu de convention d’assistance administrative.

Le canal de dépôt ne change pas les cases. La déclaration en ligne pré-remplit la 2DC et propose les annexes dans un menu dédié, tandis que la déclaration papier oblige à recopier les mêmes montants sur la 2042 C. Dans les deux cas, le justificatif reste le même, à savoir le relevé annuel de l’établissement.

Et si le montant est faux ?

Une erreur se corrige par une déclaration rectificative, déposée en ligne depuis votre espace particulier. La correction reste possible pendant le délai de reprise de l’administration, en principe trois ans après l’année d’imposition.

Une déclaration rectificative spontanée limite les frais. En cas de retard, l’impôt supporte une majoration de 10 % et des intérêts de retard de 0,20 % par mois, soit 2,4 % sur un an. Aucun intérêt n’est dû si vous avez signalé par écrit vos interrogations au moment du dépôt.

La checklist avant de valider

  • Le montant 2DC correspond au total des dividendes bruts, et non aux sommes créditées sur le compte.
  • L’acompte de 12,8 % figure bien en 2CK.
  • Les plus-values occasionnelles sont en 3VG, les moins-values en 3VH, sans compensation avec des catégories différentes.
  • Un retrait de PEA avant cinq ans est en 3VT, pas en 3VG.
  • Les actifs numériques passent par la 2086 puis les cases 3AN ou 3BN.
  • Les comptes ouverts à l’étranger sont signalés en 8UU, avec le formulaire 3916 joint.
  • L’option 2OP, si vous la cochez, est assumée pour l’ensemble de vos revenus mobiliers.

Pour aller plus loin

Le détail du taux et de son application au plan d’épargne en actions figure dans notre guide sur la flat tax et le PEA. La mécanique complète de la déclaration, dividende par dividende, est décrite dans notre tutoriel pour déclarer dividendes et gains de trading sur la 2042 C. Et pour la vue d’ensemble des enveloppes légales, voir notre article sur ce que la loi française permet vraiment.

Sources

  • impots.gouv.fr, brochure pratique 2026, « Revenus des valeurs et capitaux mobiliers », ligne 2DC, ligne 2CK, abattement de 40 %.
  • impots.gouv.fr, brochure pratique 2026, « Plus-values et gains divers », cases 3VG, 3SG, 3VH, 3VT, 3UA, 3PI.
  • impots.gouv.fr, fiche pratique sur les cessions d’actifs numériques, cases 3AN, 3BN, 3CN et annexe 2086.
  • impots.gouv.fr, formulaire 3916-3916 bis, édition 2026.
  • service-public.gouv.fr, fiches F34175 et F34176 sur les sanctions en cas de retard ou d’erreur déclarative, vérifiées le 5 juin 2026.
  • economie.gouv.fr, « Comment fonctionne le prélèvement forfaitaire unique (PFU) ? », mise à jour du 20 octobre 2026.

Article rédigé le 27 octobre 2026. Les cases citées sont celles de la déclaration des revenus 2026, attendue au printemps 2027.