Comparatif PEA : quel courtier choisir en 2026

Un comparatif PEA utile ne classe pas des marques, il classe des grilles tarifaires. Sur une enveloppe plafonnée à 150 000 € et bloquée cinq ans, l’écart entre deux courtiers ne se joue pas sur l’application mobile mais sur trois lignes de frais : le courtage, les droits de garde et le coût du support que vous achetez. Nous avons relevé les tarifs publics de quatre établissements le 31 octobre 2026 et les avons confrontés à trois profils d’épargnants.

Transparence. Cet article ne contient aucun lien d’affiliation et aucun partenariat rémunéré avec les établissements cités. Les frais proviennent des grilles tarifaires publiques de Bourse Direct, Fortuneo, BoursoBank et Trade Republic, consultées le 31 octobre 2026. Ils évoluent : vérifiez la grille en vigueur sur le site du courtier avant toute ouverture. Investir en bourse comporte un risque de perte en capital.

Comparatif PEA 2026 : comment nous avons procédé

Quatre critères, tous vérifiables. Le coût d’un ordre de 300 €, qui correspond au versement mensuel d’un épargnant moyen. Le coût d’un ordre de 3 000 €, pour un investisseur plus patrimonial. Les droits de garde annuels, prélevés même sans transaction. Et le plafond légal de courtage, fixé à 0,5 % du montant de l’opération pour un ordre transmis en ligne sur un PEA.

Nous avons écarté les offres promotionnelles temporaires, les primes de bienvenue et les remboursements de frais de transfert limités dans le temps. Elles changent d’un mois sur l’autre et faussent la comparaison sur dix ans. Un PEA se juge sur sa grille permanente, pas sur son cadeau d’ouverture. Si vous n’avez pas encore ouvert le vôtre, la procédure d’ouverture pas à pas détaille les documents et les pièges.

Le tableau des frais, sans arrondi commercial

Courtier Courtage sur un ordre PEA Droits de garde Profil visé
Bourse Direct 0,99 € jusqu’à 500 € d’ordre (0,5 % sous 198 €), 1,90 € jusqu’à 1 000 €, 2,90 € jusqu’à 2 000 €, 3,80 € jusqu’à 4 400 €, puis 0,09 % 0 € Petits et moyens ordres réguliers
Fortuneo Starter : 0 € sur le premier ordre du mois jusqu’à 500 €, puis 0,35 %. Progress : 4,90 € jusqu’à 3 000 €, puis 0,15 %. Trader Pro : 9,50 € jusqu’à 10 000 €, puis 0,10 % 0 € Ordres groupés, plusieurs forfaits au choix
BoursoBank À partir de 0,50 € hors Boursomarkets, selon le forfait retenu 0 € Démarrage avec 10 €, gestion pilotée disponible
Trade Republic 0 € sur les plans d’épargne programmés, 1 € par ordre hors plan selon le relevé tarifaire publié en juillet 2026 0 € Investissement mensuel automatique

Lecture immédiate : sur un ordre de 300 €, Bourse Direct facture 0,99 €, Fortuneo 0 € une fois par mois puis 0,35 % soit 1,05 €, BoursoBank à partir de 0,50 €, Trade Republic 0 € dans le cadre d’un plan d’épargne. L’écart paraît dérisoire. Il ne l’est plus quand on le multiplie par douze ordres par an pendant vingt ans.

Bourse Direct : la grille la plus lisible sur les petits ordres

La tarification par paliers a un avantage rare : elle est prévisible. Un ordre de 250 € coûte 0,99 €, un ordre de 1 500 € coûte 2,90 €, un ordre de 5 000 € coûte 4,50 €. Aucun pourcentage caché sur la première tranche, aucun forfait à choisir à l’aveugle.

Les droits de garde, la tenue de compte et les frais d’inactivité sont à 0 €, l’ouverture et la clôture sont gratuites. Deux points à connaître avant d’ouvrir. L’ordre minimum sur un PEA est de 80 €, ce qui interdit les micro-achats de 20 €. Et le courtage sur les bourses étrangères est facturé séparément, avec une commission de change en plus du taux appliqué par l’établissement.

Pour un épargnant qui investit 200 € à 500 € par mois sur des actions françaises et des ETF européens, cette grille est celle qui coûte le moins cher sur vingt ans, à condition de ne pas multiplier les ordres de 100 €.

Fortuneo : le premier ordre offert chaque mois

Le forfait Starter est taillé pour un comportement précis : un seul achat par mois, inférieur ou égal à 500 €. Dans ce cas, le courtage est de 0 €. Au-delà du premier ordre, la facture passe à 0,35 %, ce qui reste compétitif sur 400 € (1,40 €) mais devient lourd sur 4 000 € (14 €).

Le forfait Progress corrige ce défaut pour les ordres moyens : 4,90 € jusqu’à 3 000 €, puis 0,15 % au-delà. Le forfait Trader Pro vise les portefeuilles actifs avec 9,50 € jusqu’à 10 000 €. Les trois forfaits sont sans droits de garde ni frais de tenue de compte, et le courtage reste plafonné au maximum légal de 0,5 % en ligne sur un PEA.

Le choix du forfait est le vrai sujet chez Fortuneo. Un épargnant qui prend Progress par défaut et passe un seul ordre de 300 € par mois paie 58,80 € par an là où Starter lui aurait coûté 0 €. Le forfait se change, mais il faut y penser.

BoursoBank : l’entrée à 10 € et la gestion pilotée

BoursoBank affiche le ticket d’entrée le plus bas des quatre, avec un versement initial minimum de 10 €. Le courtage démarre à 0,50 € hors Boursomarkets, les droits de garde sont à 0 €, et le forfait découverte supprime les frais d’inactivité. Le compte est actif en quelques minutes après réception des fonds.

L’argument différenciant n’est pas le prix mais l’organisation : deux modes de gestion coexistent dans la même enveloppe, libre et profilée. C’est utile pour quelqu’un qui veut déléguer une partie de son portefeuille sans ouvrir un contrat d’assurance-vie. Les frais de transfert sortants sont remboursés, ce qui réduit le coût d’un changement d’avis ultérieur.

Le revers tient à la grille : le tarif de 0,50 € ne vaut que hors Boursomarkets, et les paliers applicables dépendent du forfait retenu. Il faut lire la brochure tarifaire avant de comparer, pas seulement la promesse d’entrée.

Trade Republic : zéro frais sur les plans d’épargne

Le modèle est différent. Trade Republic ne facture rien sur les plans d’épargne programmés, c’est-à-dire les achats récurrents définis à l’avance, et facture 1 € par ordre passé hors plan selon le relevé tarifaire publié en juillet 2026. L’ouverture est gratuite, le catalogue annoncé dépasse 15 000 ETF et actions européennes éligibles au PEA.

Deux conditions pratiques. Le domicile fiscal doit être situé en France, et un IBAN français est nécessaire. L’établissement précise que tous les nouveaux clients français reçoivent un IBAN français depuis janvier 2025.

Pour un investisseur passif qui place 300 € par mois sur un ETF mondial éligible, l’offre est la moins chère du panel : zéro frais d’entrée, zéro courtage sur le plan, zéro droit de garde. Pour un investisseur qui passe des ordres discrétionnaires plusieurs fois par mois, le 1 € fixe reste très compétitif, mais la qualité d’exécution et le choix des places de cotation méritent d’être testés sur de petits montants avant d’y placer un patrimoine.

Les frais qui comptent vraiment, et ceux qu’on regarde trop

Le courtage est la ligne la plus visible et souvent la moins lourde. Sur 40 000 € investis, douze ordres annuels à 1 € représentent 12 € par an, soit 0,03 % du portefeuille. Les droits de garde, eux, sont proportionnels : 0,3 % annuels sur 40 000 € font 120 € par an, prélevés même les années sans transaction. Sur dix ans, la différence entre 0 € et 0,3 % atteint plusieurs milliers d’euros, avant même de parler de performance.

Le troisième poste est invisible dans la plupart des comparatifs : les frais internes du support. Un ETF facturé 0,25 % par an coûte 100 € annuels sur 40 000 €, soit huit fois plus que douze ordres à 1 €. Comparer les courtiers sans regarder le coût du fonds revient à optimiser le prix du péage et ignorer celui du carburant.

Restent les frais de change, les frais de transfert sortant et les éventuels frais de tenue de compte, qui varient d’un établissement à l’autre et changent plus souvent que les grilles de courtage. Ils méritent un coup d’œil avant de signer, pas après.

Quel courtier pour quel profil

Vous investissez 100 € à 300 € par mois sur un ETF

Trade Republic, avec un plan d’épargne programmé, ou Fortuneo en forfait Starter si vous passez un seul ordre mensuel sous 500 €. Les deux ramènent le courtage à zéro dans ce cas de figure. L’alternative à considérer : Bourse Direct si le montant de vos ordres varie fortement d’un mois sur l’autre, car sa grille par paliers reste lisible quel que soit le montant.

Vous placez 1 000 € à 3 000 € par ordre, quelques fois par an

Bourse Direct à 2,90 € ou Fortuneo en Progress à 4,90 €. Sur ce profil, l’écart annuel entre les deux reste inférieur à 30 €, donc le critère décisif devient l’ergonomie et la qualité de l’information fiscale, pas le tarif.

Vous transférez un PEA existant avec un capital déjà constitué

Le critère change complètement. Les droits de garde à 0 € sont acquis chez les quatre, mais les frais de transfert sortant de votre établissement actuel peuvent atteindre plusieurs centaines d’euros. Bourse Direct rembourse jusqu’à 150 € sur un PEA, BoursoBank annonce un remboursement des frais de transfert. Comparez le coût réel du départ avant de comparer l’arrivée.

Les offres de bienvenue : ce qu’elles valent vraiment

Les quatre courtiers affichent régulièrement des primes d’ouverture, des remboursements de frais de transfert ou des ordres offerts. Ces offres existent, elles sont réelles, et elles ne doivent pas décider du choix. Deux raisons.

D’abord, elles sont conditionnées. Un remboursement de frais de transfert suppose un montant minimum transféré, une période de détention et parfois un nombre d’ordres à passer. Ensuite, elles sont temporaires : la grille permanente reste, la prime disparaît. Sur un horizon de dix ans, 300 € de frais offerts représentent 30 € par an, soit moins que l’écart de droits de garde entre deux établissements.

La bonne méthode consiste à comparer les grilles hors promotion, puis à vérifier que l’offre du moment ne comporte pas de clause qui vous enferme. Une prime qui impose de rester cinq ans chez un courtier aux frais élevés coûte plus qu’elle ne rapporte.

Le support compte autant que le courtier

Un PEA bien logé dans un courtier bon marché peut rapporter moins qu’un PEA correct logé dans un courtier moyen, si le premier ne donne accès qu’à des fonds chargés. Les quatre établissements du panel proposent des ETF éligibles, mais les catalogues diffèrent par le nombre de références, les frais de gestion des fonds disponibles et la possibilité d’acheter des actions européennes hors France.

Trois vérifications avant d’ouvrir. Le courtier donne-t-il accès à au moins un ETF répliquant un indice large européen, avec des frais annuels inférieurs à 0,3 % ? Permet-il d’acheter des actions allemandes, néerlandaises ou espagnoles sans passer par une place étrangère facturée en supplément ? Facture-t-il des frais de change sur les ETF libellés en dollars mais éligibles au PEA ?

Ces trois réponses pèsent davantage que 2 € d’écart sur un ordre. Un ETF à 0,20 % de frais annuels contre un autre à 0,45 % représente, sur 30 000 €, une différence de 75 € par an, soit soixante-quinze ordres chez un courtier à 1 €. Le courtier est un péage, le fonds est le moteur.

Ce que ce comparatif ne dit pas

Aucun de ces courtiers ne délivre de conseil personnalisé au sens réglementaire. Ce comparatif est informatif : il ne constitue ni une recommandation d’investissement, ni un conseil fiscal, ni une garantie de performance. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et un PEA peut perdre de la valeur. Pour les notions de base, voir PEA c’est quoi exactement et notre guide du PEA en actions européennes.

Il ne dit rien non plus de la qualité d’exécution réelle, qui dépend des places de cotation utilisées et des conditions de marché au moment de l’ordre. Un courtier très bon marché peut exécuter un ordre peu liquide à un prix légèrement moins favorable, et cet écart peut dépasser le gain réalisé sur le courtage. Sur les grosses capitalisations européennes, l’effet reste marginal ; sur les petites valeurs, il faut y regarder à deux fois.

Enfin, le périmètre du PEA limite la diversification aux actions et fonds européens. Aucun courtier ne contourne cette règle, et ceux qui la présentent comme un détail commercialisent une enveloppe qu’ils ne maîtrisent pas.

Questions fréquentes

Peut-on transférer un PEA d’un courtier à un autre ?

Oui, à tout moment, et le transfert conserve l’antériorité fiscale : les cinq ans déjà courus ne sont pas remis à zéro. Le délai pratique va de quelques semaines à plusieurs mois selon les établissements. Vérifiez les frais de sortie avant de lancer la procédure, ils sont parfois supérieurs au gain espéré.

Le moins cher est-il toujours le meilleur ?

Non. Sur un PEA de 5 000 € alimenté par des ordres de 100 €, le courtage domine et le moins cher gagne. Sur un PEA de 100 000 €, les droits de garde et les frais du fonds pèsent davantage que le courtage. La bonne grille dépend du montant et de la fréquence, pas du classement général.

Faut-il choisir un courtier qui propose la gestion pilotée ?

Cela dépend de votre disponibilité, pas de votre niveau de connaissances. La gestion pilotée ajoute des frais de mandat qui réduisent le rendement, en échange d’une délégation complète. Si vous acceptez d’y consacrer deux heures par an, la gestion libre coûte moins cher pour un résultat souvent comparable.

Un PEA ouvert dans une banque traditionnelle est-il un mauvais choix ?

Pas nécessairement, mais il faut le savoir : les droits de garde y sont plus fréquents et l’accès aux ETF parfois restreint. Si vous détenez déjà un PEA en banque de réseau avec des frais élevés, calculez le coût du transfert avant de décider, et vérifiez que le nouveau courtier accepte les titres que vous détenez.

Sources

  • Grille tarifaire Bourse Direct, page « Tarifs » et conditions tarifaires applicables au 6 janvier 2026.
  • Fortuneo, FAQ « Quels sont les frais de courtage pour un ordre sur une action française ? » et conditions tarifaires au 6 août 2026.
  • BoursoBank, page produit PEA et brochure tarifaire applicable au 5 octobre 2026.
  • Trade Republic, page PEA France et relevé tarifaire des ordres publié en juillet 2026.
  • Service-public.fr, fiche « Plan d’épargne en actions (PEA) », vérifiée le 22 mai 2026.