PEA-PME c’est quoi ? C’est un plan d’épargne en actions réservé au financement des petites et moyennes entreprises européennes. Il fonctionne comme un PEA classique sur le plan fiscal, mais il ouvre un univers d’investissement différent et un plafond de versement plus large. Les règles et les chiffres de cet article ont été vérifiés le 1er novembre 2026 sur service-public.gouv.fr, sur le site d’economie.gouv.fr et dans le Bulletin officiel des finances publiques.
PEA-PME c’est quoi exactement
C’est une seconde enveloppe, distincte du PEA classique, créée pour flécher l’épargne des particuliers vers les PME et les entreprises de taille intermédiaire. Elle a été instaurée en 2014 avec un plafond de 75 000 €, puis la loi PACTE du 22 mai 2019 a porté ce plafond à 225 000 €.
Le fonctionnement matériel est identique. Vous ouvrez un compte-espèces et un compte-titres chez un intermédiaire habilité. Vous versez de l’argent, vous achetez des titres éligibles, les dividendes et les plus-values restent dans le plan. La fiscalité est celle du PEA, avec la même exonération d’impôt sur le revenu après cinq ans.
Ce qui change, c’est le périmètre. Un PEA classique accepte les actions de toutes les entreprises européennes, y compris les plus grandes capitalisations. Le PEA-PME-ETI n’accepte que les titres de sociétés qui répondent à des critères de taille.
PEA-PME et PEA classique, les différences en un tableau
| Critère | PEA classique | PEA-PME-ETI |
|---|---|---|
| Plafond de versement | 150 000 € | 225 000 €, cumul avec le PEA classique limité à 225 000 € |
| Univers | Actions de toutes tailles, UE et EEE | PME et ETI européennes uniquement |
| Fiscalité après cinq ans | Impôt sur le revenu exonéré, 18,6 % de prélèvements sociaux | Identique |
| Nombre de plans par personne | Un | Un |
| Majeurs rattachés au foyer fiscal | Autorisé, plafond de 20 000 € | Interdit |
La lecture de ce tableau explique l’essentiel. Le PEA-PME-ETI n’offre pas un avantage fiscal supérieur. Il offre un univers différent et un plafond de cumul plus large, au prix d’un risque plus élevé.
Le plafond de 225 000 € et la règle du cumul
Le plafond propre du PEA-PME-ETI est de 225 000 €. Ce chiffre est souvent mal compris, parce qu’il ne s’ajoute pas au plafond du PEA classique.
La règle exacte tient en deux phrases. Le PEA classique reste limité à 150 000 € de versements. La somme des versements effectués sur le PEA classique et sur le PEA-PME-ETI ne peut pas dépasser 225 000 €.
- PEA classique rempli à 150 000 €, il reste 75 000 € de versement disponible sur le PEA-PME-ETI.
- PEA classique rempli à 50 000 €, le PEA-PME-ETI peut monter à 175 000 €.
- PEA classique vide, le PEA-PME-ETI peut monter à 225 000 € à lui seul.
Un seul PEA-PME-ETI par personne, comme pour le PEA classique. Le plan n’est pas ouvert aux majeurs rattachés au foyer fiscal de leurs parents, qui ne peuvent détenir qu’un PEA classique plafonné à 20 000 €. Le détail de ces plafonds figure dans notre article sur le plafond du PEA.
Quelles entreprises sont éligibles
Les critères dépendent du statut de l’entreprise émettrice. Pour une société non cotée, l’effectif doit être inférieur à 5 000 salariés et le chiffre d’affaires annuel ne doit pas dépasser 1,5 milliard d’euros, ou le total de bilan 2 milliards d’euros.
Pour une société cotée, service-public retient un critère de capitalisation. L’entreprise doit afficher une capitalisation boursière inférieure à 2 milliards d’euros, ou avoir eu une capitalisation inférieure à ce seuil lors d’au moins un des quatre derniers exercices calendaires.
Le plan peut aussi détenir des fonds dédiés, des FCPR, des FCPI et des OPCVM investis majoritairement en titres de PME et d’ETI européennes. Les titres d’une société dont vous détenez, avec votre groupe familial, plus de 25 % des droits sociaux ne peuvent pas être inscrits dans le plan.
La liste des titres éligibles est publiée par chaque intermédiaire et mise à jour régulièrement. Un titre peut sortir de l’univers après une hausse de capitalisation, et il n’est alors plus achetable dans le plan, même s’il reste détenu.
La fiscalité, identique au PEA classique
Les gains réalisés et réinvestis dans le plan sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, tant qu’ils ne sortent pas. Les dividendes perçus d’un titre non coté suivent des règles particulières et peuvent être partiellement imposables, un point à vérifier au cas par cas.
Un retrait déclenche la fiscalité du plan. Avant cinq ans, tout retrait entraîne la clôture, sauf les cas prévus par la loi. Après cinq ans, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu et soumis aux seuls prélèvements sociaux, au taux de 18,6 % en 2026.
Ce taux a changé au 1er janvier 2026. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a porté la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %, ce qui fait passer les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % et le PFU de 30 % à 31,4 %. Sur un PEA de plus de cinq ans, seul le taux de 18,6 % s’applique. Notre article sur la fiscalité du PEA détaille ce mécanisme.
Au décès du titulaire, le plan est clôturé et les titres transférés sur un compte-titres de succession. Les gains échappent à l’impôt sur le revenu, mais les prélèvements sociaux restent dus.
Les fonds et ETF accessibles
Peu d’ETF au sens strict sont éligibles au PEA-PME, car un ETF répliquant un indice large détient des grandes capitalisations. Les supports réellement disponibles sont des fonds dédiés, des FCPI, des FCPR et quelques OPCVM spécialisés sur les petites et moyennes valeurs européennes.
Ces fonds affichent des frais de gestion supérieurs à ceux d’un ETF classique, souvent 1,5 % à 2,5 % par an, et certains comportent une période de blocage. Leur performance dépend fortement de la qualité de la sélection de gérant, plus que de l’exposition à un marché.
Pour un investisseur qui veut simplement s’exposer aux petites capitalisations européennes, il existe des ETF éligibles au PEA classique, ce qui rend le PEA-PME moins indispensable qu’il n’y paraît. Le choix dépend de ce que vous cherchez, une exposition indicielle bon marché ou un financement direct de proximité.
Un point pratique mérite d’être souligné. La sortie de l’univers éligible ne vous oblige pas à vendre. Un titre qui dépasse le seuil de capitalisation reste dans votre plan, mais vous ne pouvez plus en acheter. Cette règle protège l’investisseur de lui-même, elle l’empêche de transformer son plan en portefeuille de grandes valeurs par la bande.
L’intérêt réel, trois situations où le plan sert
Première situation, vous avez saturé votre PEA classique et vous voulez continuer à investir avec un avantage fiscal. Le PEA-PME-ETI offre 75 000 € de versement supplémentaire, dans la limite du cumul de 225 000 €. C’est son usage le plus courant.
Deuxième situation, vous voulez soutenir des entreprises européennes de taille moyenne et accepter un risque plus élevé en échange d’un potentiel de croissance supérieur. Le segment des ETI comprend des sociétés industrielles et de services qui ne sont pas exposées aux mêmes cycles que les méga-capitalisations.
Troisième situation, vous cherchez une enveloppe pour loger des titres non cotés, parts de SARL ou obligations convertibles, dans un cadre fiscal protégé. C’est un usage de niche, réservé à des investisseurs avertis, avec un risque de perte totale qui n’a rien de théorique.
Les limites à connaître avant d’ouvrir
La liquidité vient en premier. Les petites capitalisations s’échangent moins que les grandes, l’écart entre le prix d’achat et le prix de vente peut être large, et une position significative met du temps à sortir sans faire bouger le cours.
La volatilité vient ensuite. Une PME cotée peut perdre 40 % en quelques semaines sur un avertissement sur résultats. Le plafond de versement ne protège pas de ce risque, et le capital investi n’est jamais garanti.
L’offre des courtiers est le troisième frein. Tous les intermédiaires ne proposent pas de PEA-PME-ETI, et ceux qui le proposent limitent parfois l’univers à une liste de fonds maison. Vérifiez la grille tarifaire et la liste des supports avant d’ouvrir, comme pour un PEA classique. Notre comparatif des courtiers PEA donne les critères de choix, et la procédure d’ouverture signale les pièges administratifs.
La diversification, enfin. Un portefeuille composé uniquement de PME européennes est moins diversifié qu’un portefeuille mondial. Le PEA-PME-ETI est un complément, pas une base.
Comment ouvrir un PEA-PME-ETI
La démarche est la même que pour un PEA classique. Vous choisissez un intermédiaire habilité, vous signez un contrat qui rappelle l’interdiction de détenir deux plans de même catégorie, et vous effectuez un premier versement. La date d’ouverture est celle de ce premier versement.
L’établissement déclare l’ouverture auprès du fichier Ficoba et vous interroge sur l’existence d’un autre PEA-PME-ETI. Votre PEA classique et votre PEA-PME-ETI peuvent être logés chez deux établissements différents, à condition de respecter le cumul de 225 000 € sur l’ensemble.
Avant de verser, vérifiez trois points. La liste des titres éligibles proposée par l’établissement. Les frais de courtage et de garde. Le délai de disponibilité des fonds en cas de retrait, qui peut dépasser celui d’un PEA classique avec certains fonds dédiés.
Faut-il ouvrir un PEA-PME
Pas en premier. Le PEA classique reste la priorité, parce qu’il offre le même avantage fiscal avec un univers plus large, des supports plus liquides et des frais plus bas. Le PEA-PME-ETI prend sa place quand le plafond de 150 000 € devient contraignant, ou quand vous avez une conviction réelle sur les entreprises de taille moyenne européennes.
Un investisseur qui place 200 € par mois n’a aucun besoin d’un PEA-PME-ETI avant une quinzaine d’années. Un investisseur qui a rempli son PEA et qui cherche à loger 50 000 € supplémentaires dans un cadre fiscal protégé a, lui, une raison concrète d’y regarder. Notre comparaison entre PEA et compte-titres aide à arbitrer si le compte-titres n’est pas plus simple pour ce second bloc.
La règle de prudence reste la même dans tous les cas. Ne logez dans ce plan que de l’argent dont vous n’aurez pas besoin avant cinq ans, et acceptez l’idée que la valeur du portefeuille peut baisser.